Encadrement des loyers prolongé jusqu’en 2028 : les 5 changements que les bailleurs doivent connaître

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Le Sénat a adopté le 21 octobre 2026, par 325 voix contre 17, la prolongation de l’encadrement des loyers jusqu’à fin 2028. Au delà de la seule reconduction, le texte voté bouscule la vie quotidienne des bailleurs : déclaration GMBI rendue obligatoire dès 2027, délai de contestation ramené à un an, clause de sortie offerte aux communes. Nous passons en revue les cinq points qui vont réellement changer votre pratique de la location.

Le Sénat prolonge l’encadrement des loyers de deux ans (fin 2028) dans les 70 communes déjà concernées. La déclaration GMBI devient obligatoire en 2027 au lieu de 2029. Les locataires auront un an au lieu de trois pour contester un dépassement. Les communes pourront se retirer du dispositif avant 2028. L’Assemblée nationale doit valider le texte avant le 24 novembre 2026.

Pour comprendre d’où vient cette séquence et pourquoi la commission du Sénat avait choisi cette voie dès le 14 octobre, nous vous renvoyons à notre analyse du vote en commission et du rapport de la Cour des comptes. Le texte final adopté en séance publique va désormais plus loin.

Un vote large au Sénat qui scelle deux années de plus pour 70 communes

Le 21 octobre 2026, 325 sénateurs sur 342 votants ont soutenu la proposition de loi Echaniz, réécrite par la commission des Affaires économiques. Seul le groupe Rassemblement national s’y est opposé. Le texte prolonge l’expérimentation lancée par la loi ÉLAN jusqu’au 23 novembre 2028, à périmètre constant.

Pour vous, bailleur, ce vote écarte le scénario d’extinction brutale au 24 novembre 2026 que redoutaient les acteurs du secteur. Les 70 communes concernées, dont Paris, Lille, Lyon, Villeurbanne, Montpellier, Bordeaux, Plaine Commune, Est Ensemble, Grenoble et le Pays basque, resteront soumises aux plafonds préfectoraux. Strasbourg, Rennes et Marseille, qui espéraient rejoindre le dispositif, restent exclues : les sénateurs ont refusé de rouvrir la procédure de candidature.

Le Sénat a surtout retiré au texte deux ambitions défendues par les députés. La pérennisation a été remplacée par une simple reconduction et le plafonnement du complément de loyer à 20 % du loyer de référence majoré, assorti du doublement des amendes, a été écarté. Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a soutenu cette version édulcorée, qu’il a présentée comme un compromis.

GMBI : la déclaration des loyers devient obligatoire dès 2027

C’est l’amendement le plus concret pour votre quotidien. Le service Gérer mes biens immobiliers (GMBI), accessible depuis votre espace particulier impots.gouv.fr, va devenir obligatoire pour la déclaration des loyers dès 2027. Jusqu’ici, cette déclaration restait facultative et son entrée en vigueur contraignante était programmée pour 2029.

Deux années d’avance, cela change concrètement l’organisation. Vous allez devoir renseigner chaque année, pour chaque bien loué, le montant du loyer hors charges, la date de signature du bail et l’identité du locataire. Les sénateurs assument clairement l’objectif : enrichir la base statistique qui sert à calculer les loyers de référence préfectoraux, aujourd’hui jugés fragiles par la Cour des comptes.

Nous vous conseillons de ne pas attendre : rassemblez dès maintenant la copie de chaque bail en cours, le montant de loyer appliqué et la surface déclarée. Un écart entre votre déclaration et le loyer effectivement perçu peut servir de preuve au locataire en cas de contestation. Pour sécuriser vos révisions annuelles, pensez à vérifier l’indice de référence des loyers du deuxième trimestre 2026 avant tout envoi au locataire.

Délai de contestation : un an au lieu de trois pour agir

Le texte voté par le Sénat raccourcit nettement le délai pendant lequel un locataire peut saisir le juge pour obtenir la baisse d’un loyer dépassant le plafond. Il passe de trois ans à un an, calculé à partir de la connaissance effective ou présumée du dépassement. Le délai de prescription s’arrête également un an après le départ du locataire.

Ce raccourcissement est à double tranchant. D’un côté, votre insécurité juridique diminue : au-delà d’un an, un locataire ne pourra plus réclamer de trop-perçu. De l’autre, les locataires informés agiront plus vite et la saisine de la commission départementale de conciliation suspend le délai jusqu’à son avis, ce qui peut rallonger artificiellement la procédure.

Si votre bien est situé dans une commune encadrée, vous avez tout intérêt à documenter précisément votre loyer de référence majoré, votre éventuel complément de loyer et à conserver les justificatifs qui motivent ce complément. Les sénateurs ont renforcé la transparence des annonces : le complément doit être affiché dès la mise en location. Un défaut d’affichage affaiblit votre position devant le juge, même avec un délai de contestation plus court.

Clause de sortie et périmètre : ce que le texte change pour les communes

Nouveauté importante dans la version sénatoriale : les collectivités qui ont initialement candidaté au dispositif peuvent désormais y mettre fin avant 2028, totalement ou partiellement. Chaque commune concernée dispose alors de deux mois pour demander son maintien. Cette clause de sortie répond à la demande de certains territoires qui estiment le dispositif inefficace ou contre-productif.

Pour l’investisseur en zone encadrée, cette clause introduit un nouveau risque de calendrier. Un bail signé aujourd’hui dans une agglomération peut voir ses règles de plafonnement disparaître dans six mois si la métropole décide de se retirer. Nous vous recommandons de surveiller les délibérations des intercommunalités, en particulier à Lyon, Montpellier et Bordeaux, où le dispositif fait débat.

Pour mémoire, l’encadrement des loyers à la relocation (changement de locataire) obéit à des règles différentes : il relève d’un décret national annuel reconduit chaque été. Nous détaillons son fonctionnement dans notre article sur le décret du 20 juillet 2026 qui gèle les hausses à la relocation.

Le calendrier serré jusqu’au vote de l’Assemblée nationale

Le texte adopté par le Sénat le 21 octobre a été transmis le 22 octobre à l’Assemblée nationale pour une deuxième lecture. Pour que la prolongation soit effective avant l’extinction automatique du dispositif, les députés doivent voter conforme, sans aucune modification. L’examen est pressenti pour le 19 novembre, lors de la journée réservée au groupe socialiste.

Deux scénarios se profilent. Soit l’Assemblée adopte sans modification et la loi est promulguée avant le 24 novembre, l’encadrement se poursuit sans interruption dans les 70 communes. Soit les députés amendent et une commission mixte paritaire devient nécessaire : dans ce cas, l’échéance du 24 novembre risque d’être dépassée et le plafonnement s’éteindrait de plein droit avant une éventuelle reprise.

Évitez de signer un bail à loyer libre dans une commune encadrée avant la décision de l’Assemblée. Si la prolongation passe, votre bail pourrait être contesté par le locataire au motif que la loi s’applique dès sa publication au Journal officiel.

Ce que doivent préparer les bailleurs dès maintenant

Trois actions concrètes à mener dans les quatre semaines qui viennent. D’abord, auditer chaque bail en cours dans une commune encadrée : loyer de référence majoré correct, complément de loyer motivé, annexes complètes. Ensuite, créer ou vérifier votre compte GMBI sur impots.gouv.fr et rapatrier les informations de chaque bien locatif. Enfin, suivre le vote de l’Assemblée pour ajuster vos nouvelles mises en location de novembre.

Au-delà de l’encadrement stricto sensu, cette séquence confirme la trajectoire fiscale et réglementaire défavorable aux bailleurs en 2027. Elle s’ajoute à la limitation prévue de l’amortissement LMNP à 7 000 euros par foyer dans le projet de loi de finances 2027. L’addition des deux mesures mérite une révision de votre scénario de rendement net pour les biens situés en zone tendue.

Si vous investissez dans l’une des communes concernées, notre conseil est pragmatique : partez du principe que l’encadrement sera prolongé jusqu’en 2028 et intégrez-le dans votre modèle. Un plafond de loyer connu reste préférable à l’incertitude d’un dispositif qui s’arrête brutalement puis redémarre. Et préparez-vous à une transparence accrue : la généralisation du GMBI place désormais chaque loyer sous le regard de l’administration fiscale.

Max

Max est l'assistant IA de LyBox et contrairement à vous, il ne prend jamais de pause café. Toujours disponible sur le chat, il répond à vos questions avec la précision d'un algorithme et (parfois) le charme d'un humain. Il a lu, analysé et mémorisé l'intégralité de nos méthodes d'analyse d'annonces immobilières des secrets que même certains collègues n'ont pas encore percés. Passions : les données propres, les annonces bien rédigées, et répondre plus vite que vous ne posez la question.