Déclaration GMBI 2026 : pourquoi le fisc relance 2,5 millions de propriétaires
La Direction générale des finances publiques vient d’envoyer une vague de relances massive à 2,5 millions de propriétaires pour leur rappeler une obligation que beaucoup oublient : déclarer l’occupation de leurs biens immobiliers sur le service Gérer mes biens immobiliers avant le 30 juin 2026. Les retardataires s’exposent cette année à une amende de 150 € par bien non déclaré car la période de tolérance prend fin.
Si vous êtes propriétaire d’une résidence secondaire, d’un bien loué ou d’un logement neuf acquis en 2025, vous êtes potentiellement concerné. Voici ce qu’il faut savoir pour éviter la sanction.
Une campagne de relance massive en deux temps
La DGFiP a déployé sa campagne 2026 dès la mi-mars. Un premier envoi postal a ciblé plus de 300 000 multipropriétaires dont au moins un local est identifié comme vacant au 1er janvier 2026. Cette vague concerne les profils jugés les plus à risque, ceux qui détiennent plusieurs biens et dont la situation d’occupation reste floue dans les bases du fisc.
Le 30 mars 2026, une deuxième vague beaucoup plus large a suivi : 2,2 millions d’emails envoyés aux propriétaires qui ont acquis un bien durant l’année 2025, aux propriétaires de constructions neuves et aux bailleurs. Au total, ce sont près de 2,5 millions de foyers qui reçoivent actuellement ce rappel. Pour ceux qui n’ont pas d’adresse mail renseignée, des courriers papier complémentaires sont prévus.
Nous vous conseillons de ne pas attendre un courrier ou un email pour vérifier votre situation : si vous avez changé de locataire, vendu ou acheté en 2025, la déclaration est obligatoire, même sans relance.
Qui doit vraiment déclarer en 2026 ?
Contrairement à une idée reçue, tous les propriétaires ne doivent pas refaire une déclaration chaque année. L’obligation 2026 ne s’applique qu’en cas de changement de situation d’occupation entre le 2 janvier 2025 et le 1er janvier 2026. Si votre résidence secondaire est restée occupée par les mêmes personnes, si votre locataire n’a pas changé et si votre bien vacant l’est toujours, aucune démarche n’est nécessaire.
En revanche, plusieurs situations déclenchent l’obligation : l’arrivée ou le départ d’un locataire, la transformation d’une résidence secondaire en résidence principale (ou l’inverse), la mise en vacance d’un logement, l’acquisition d’un bien neuf, ou encore la modification du régime de location (nue, meublée, saisonnière). Les propriétaires en SCI sont également concernés et doivent déclarer via l’espace professionnel.
Une amende de 150 € par bien, désormais appliquée sans tolérance
C’est le point qui change radicalement la donne en 2026. L’amende forfaitaire de 150 € par local non déclaré ou mal déclaré, inscrite à l’article 1770 terdecies du Code général des impôts, existait depuis trois ans. Jusqu’à présent, le gouvernement avait demandé à l’administration fiscale de faire preuve de clémence, le temps que les propriétaires s’approprient ce nouveau dispositif.
Cette période de tolérance est désormais terminée. La DGFiP applique l’amende de façon systématique à chaque local concerné par un défaut de déclaration ou une déclaration volontairement erronée. Pour un multipropriétaire qui détient cinq logements et qui oublie de mettre à jour la situation de trois d’entre eux, la facture grimpe à 450 €. Un propriétaire de plusieurs résidences secondaires peut voir la sanction atteindre des montants bien plus conséquents.
Attention : l’amende s’applique par bien, pas par propriétaire. Si vous détenez plusieurs logements, chaque oubli ou erreur se cumule.
Comment faire votre déclaration en pratique
La démarche est exclusivement numérique. Vous devez vous connecter à votre espace particulier sur impots.gouv.fr, puis accéder à l’onglet Biens immobiliers. La DGFiP y préremplit la liste de vos biens et leur situation d’occupation connue. Il vous suffit de confirmer ou de modifier les informations qui ont évolué au cours de l’année 2025.
Pour chaque bien concerné, vous devrez renseigner le type d’occupation (résidence principale, secondaire, local vacant, bien loué), l’identité des occupants (nom, prénom, date de naissance pour les personnes physiques, SIREN pour les personnes morales), la date de début et éventuellement de fin d’occupation, ainsi que le montant du loyer si le bien est loué. Le numéro d’identification fiscal du logement est utile pour identifier précisément chaque local dans votre espace.
Les points de vigilance pour les investisseurs
Pour les investisseurs locatifs, cette déclaration ne se résume pas à une formalité administrative. Elle conditionne directement l’établissement de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et de la taxe sur les logements vacants. Une erreur de déclaration peut conduire à une imposition indue ou, à l’inverse, à un redressement fiscal si l’administration détecte la minoration.
Les propriétaires qui exploitent leurs biens en location meublée doivent également faire attention à la cohérence avec leur statut fiscal. La déclaration GMBI et la déclaration LMNP couvrent des obligations distinctes, mais l’administration compare désormais les données. Une incohérence entre le type d’occupation déclaré sur GMBI et le régime fiscal choisi peut déclencher un contrôle. Pour les logements restés vides, la nouvelle taxe sur les logements vacants rend le sujet encore plus sensible.
Foire aux questions
Dois-je déclarer si ma situation n’a pas changé depuis 2025 ?
Non. L’obligation ne s’applique qu’en cas de changement d’occupation entre le 2 janvier 2025 et le 1er janvier 2026. Si vos locataires, vos occupants et votre statut de logement sont identiques à l’an dernier, vous n’avez rien à faire.
J’ai acheté un bien neuf en 2025, dois-je le déclarer ?
Oui. Toute nouvelle acquisition, qu’il s’agisse d’un logement ancien ou d’une construction neuve, déclenche l’obligation déclarative. Vous devez renseigner l’occupation du bien au 1er janvier 2026.
Que se passe-t-il si je rate la date du 30 juin 2026 ?
Vous vous exposez à une amende de 150 € par bien concerné. Il reste toutefois possible de régulariser votre situation après la date limite mais la sanction reste applicable, contrairement aux années précédentes où une tolérance avait été accordée.
Comment accéder au service gérer mes biens immobiliers ?
Vous devez vous connecter à votre espace personnel sur impots.gouv.fr avec votre numéro fiscal, puis cliquer sur l’onglet Biens immobiliers. Les professionnels et les SCI passent par l’espace professionnel, rubrique Démarches.
Les propriétaires qui louent en meublé de tourisme sont-ils concernés ?
Oui. Les biens mis en location saisonnière entrent dans le périmètre de la déclaration. Vous devez indiquer le type d’occupation et, le cas échéant, préciser qu’il s’agit d’une location touristique. Cette information est croisée avec les autres déclarations fiscales liées à ce type d’activité.
Puis-je déclarer pour plusieurs biens en une seule fois ?
Oui, tous vos biens apparaissent dans le même espace GMBI. Vous pouvez traiter chaque local successivement lors d’une même session. Pour les gros patrimoines, un module de téléversement en masse existe mais il est réservé aux grands comptes (plus de 200 biens).